Recevoir les résultats d’une IRM ou d’une radiographie du dos peut être stressant. Quand on lit des mots comme “usure”, “arthrose”, “disque abîmé” ou encore “dégénérescence”, il est facile d’imaginer que son dos est fragile ou très endommagé. Pourtant, ces termes ne veulent pas forcément dire que votre douleur vient directement de là, ni que …
Recevoir les résultats d’une IRM ou d’une radiographie du dos peut être stressant. Quand on lit des mots comme “usure”, “arthrose”, “disque abîmé” ou encore “dégénérescence”, il est facile d’imaginer que son dos est fragile ou très endommagé. Pourtant, ces termes ne veulent pas forcément dire que votre douleur vient directement de là, ni que votre dos est “en mauvais état”¹.
L’imagerie est un outil utile, mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Une IRM montre des structures : les disques, les vertèbres, les articulations. En revanche, elle ne mesure pas à elle seule votre douleur, votre niveau de sensibilité, votre capacité à bouger, ni la manière dont votre corps s’adapte à ce que vous lui demandez¹.
Des signes fréquents… même chez des personnes qui n’ont pas mal
C’est un point essentiel : de nombreuses personnes sans douleur ont pourtant des “anomalies” visibles à l’IRM. Une grande revue de la littérature a compilé 33 études regroupant 3110 personnes asymptomatiques, c’est-à-dire sans douleur lombaire. Les auteurs ont montré que les signes dits “dégénératifs” du rachis lombaire deviennent très fréquents avec l’âge, même chez des personnes qui vont très bien¹.
Par exemple, des signes de dégénérescence discale sont retrouvés chez environ 37% des personnes de 20 ans sans douleur, 52% à 30 ans, 68% à 40 ans, 80% à 50 ans, 88% à 60 ans, 93% à 70 ans et 96% à 80 ans¹.
Les bombements discaux sont eux aussi fréquents : environ 30% à 20 ans, 40% à 30 ans, 50% à 40 ans, 60% à 50 ans, 69% à 60 ans, 77% à 70 ans et 84% à 80 ans, toujours chez des personnes qui n’ont pas mal au dos¹.
Autrement dit, voir de l’arthrose, un disque un peu déshydraté ou un bombement discal sur une imagerie n’a rien d’exceptionnel. Ce sont souvent des changements normaux liés au temps, à l’histoire de vie et aux contraintes accumulées, et non la preuve qu’il y a forcément quelque chose de grave ou d’irréversible¹.
Une image n’explique pas automatiquement une douleur
Le piège, c’est de croire que ce qui apparaît sur l’imagerie explique forcément toute la douleur. En réalité, la douleur est plus complexe que cela. Elle dépend bien sûr de l’état des tissus, mais aussi du système nerveux, du stress, du sommeil, du contexte émotionnel, des croyances et de la manière dont le cerveau interprète la situation².
C’est pour cela que deux personnes avec une IRM très semblable peuvent avoir des vécus très différents : l’une peut avoir très mal, l’autre ne rien ressentir du tout. L’image donne une partie de l’information, mais elle ne suffit pas à elle seule à comprendre toute la situation¹ ².
“Vous avez le dos d’une personne de 80 ans” : une phrase souvent inutilement inquiétante
Certaines formulations marquent fortement. Dire à quelqu’un qu’il a “le dos d’une personne de 80 ans” donne l’impression que son corps est usé, fragile, voire condamné à avoir mal. Pourtant, cette phrase est trompeuse. Elle mélange des signes d’imagerie très fréquents avec une interprétation alarmante qui ne reflète pas forcément la réalité clinique¹.
Le risque, c’est qu’après avoir entendu cela, on commence à avoir peur de bouger, de porter, de se pencher ou de reprendre une activité physique. Or cette inquiétude peut elle-même entretenir la douleur, augmenter la vigilance corporelle et diminuer la confiance dans son dos². Parfois, ce n’est pas seulement l’image qui pèse, mais le sens qu’on lui donne.
Alors, à quoi sert vraiment l’imagerie ?
L’imagerie peut être très utile dans certaines situations, notamment lorsqu’il faut rechercher une atteinte spécifique, exclure une pathologie plus rare ou mieux comprendre un tableau inhabituel. Mais dans beaucoup de douleurs du dos, surtout lorsqu’il n’y a pas de signes d’alerte, elle doit être interprétée avec prudence et toujours replacée dans le contexte global de la personne¹ ³.
Une autre méta-analyse a montré que certains signes IRM sont plus fréquents chez les adultes lombalgiques que chez des personnes sans douleur, en particulier avant 50 ans³. Cela ne veut pas dire que l’imagerie ne sert à rien. Cela veut simplement dire qu’un résultat d’IRM ne peut jamais être lu seul, sans examen clinique, sans discussion et sans prise en compte de ce que ressent réellement le patient¹ ³.
Ce qu’il faut retenir
Voir des signes d’usure sur une IRM ne veut pas automatiquement dire que votre dos est “abîmé”. Beaucoup de changements visibles à l’imagerie sont fréquents, parfois très fréquents, même chez des personnes qui n’ont aucune douleur¹.
Le plus important n’est donc pas seulement ce que montre l’image, mais ce que vous ressentez, ce que vous pouvez faire, ce qui aggrave ou soulage vos symptômes, et dans quel contexte cette douleur est apparue² ³. Une imagerie est un outil, pas une condamnation.
Comment l’ostéopathie peut vous accompagner
En consultation, l’objectif n’est pas seulement de regarder une image ou de commenter un compte-rendu. Il s’agit surtout de comprendre votre situation dans son ensemble : vos douleurs, votre histoire, vos habitudes, vos appréhensions, votre mobilité et vos objectifs. Cela permet de donner du sens aux résultats et d’éviter qu’une phrase inquiétante ne devienne une étiquette durable².
L’ostéopathie peut vous aider à mieux bouger, à retrouver de la confiance dans votre dos et à reprendre progressivement vos activités. Associée à des explications claires, à une prise en charge individualisée et à des conseils adaptés, elle peut contribuer à diminuer la douleur et à sortir d’une vision trop alarmiste de l’imagerie.
Références
¹ Brinjikji W et al. AJNR 2015 – Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations.
² Article “Qu’est ce que la douleur ? Une alliée puissante et complexe” sur Swiss Osteo.
³ Brinjikji W et al. AJNR 2015 – MRI findings of disc degeneration are more prevalent in adults with low back pain than in asymptomatic controls.
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